Mise à disposition d'un matériel permettant de comprendre la technique de la note de synthèse en même temps que spécifiquement un travail sur les 2 thèmes qui constituent l'épreuve de connaissance générale au BTS.
vendredi 7 mars 2014
Rêve collectif : utopie, cauchemar
Le rêve prend parfois la forme du collectif, lorsque l'espoir n'est plus singulier mais devient celui de tous. Lorsque Martin Luther King prononce son discours le 28 août 1963 "I have a dream" il est porteur des aspirations de tous les afro-américains. Il parle des Etats ségrégationnistes du sud des Etats-Unis, que jusque dans l'Alabama la fraternité remplace la haine, que les petits enfants noirs et blancs puissent se donner la main... Ici le rêve est aussi un déclencheur politique, il acte une prise de conscience qui renseigne moins sur le futur que sur le présent - lorsque Martin Luther King fait son allocution le mouvement pour l'émancipation est déjà assurée victorieux - c'est un marqueur du pouls de la société. Le rapport au temps dans le cadre du rêve collectif est celui du présent plus que du futur - mais n'est-ce pas le cas de tout rêve (collectif ou individuel) que d'être le moment d'une prise de conscience - Le rêve devient alors moins une annonce qu'un projet, il n'anticipe il dévoile et ainsi fait connaître aux autres et parfois soi ce que nous ambitionnons de faire ou devenir. Lorsque le rêve est partagé il y a un élan collectif proche de l'enthousiasme qui advient - projet collectif qui peut aussi anticiper le pire... Souvent le le meilleur côtoie le pire : rêve de fraternité, de partage, d'égalité puis une dictature du prolétariat qui est la confiscation par des apparatchiks du pouvoir politique, la terreur stalinienne, les piges, le goulag... Le rêve ne peut permettre de savoir ce que sera l'action, il est la trace d'une volonté mais non d'une fin. Une utopie est une invention sans lieu, sans un endroit où être et croitre - une fabrication de l'esprit qui est sans corps, sans une attache dans le monde réel, vouloir la faire advenir s'avère dangereux.
lundi 27 janvier 2014
Le rêve - analyse freudienne
Le rêve est pour Freud "la voie royale d'accès à l'inconscient", ce serait donc ce qui permettrait une compréhension de l'inconscient de la personne. Freud voit 3 éléments permettant de saisir des éléments "refoulés" - cad qui ne sont pas présents dans la conscience :
1 - Le lapsus / dire une chose pour une autre, dire ce qu'il ne fallait pas dire ou que l'on ne voulait pas dire
2 - L'acte manqué / faire ce que l'on ne devait pas faire
3 - Le rêve / celui-ci suppose une triple analyse
3-1 : comme porteur de la parole des Dieux, c'est le cas dans la Grèce ou la Rome ancienne
3-2 : comme permettant d'assouvir un désir ou un besoin - celui qui ne peut faire une promenade la journée la fait en rêvant
3-3 : le rêve est cathartique - il permet de tuer dans le rêve celui que l'on voudrait voir mort - Platon y voit le moyen de garder sa santé mentale
Le rêve est donc toujours le lieu d'enjeux qui ont un rapport avec l'éventail des champs de l'activité humaine.
Schéma du rêve :
Contenu latent ---> Contenu manifeste
rêve latent rêve tel qu'il apparaît à la conscience du rêve
il y a une double structure du rêve avec un contenu manifeste qui vient masquer le contenu latent cad le contenu réel du rêve
L'objectif de l'analyse étant de remonter du manifeste au latent.
Lorsque l'on se réveille très souvent le contenu entier du rêve apparaît mais très vite, parce que l'on fait un geste ou que l'on pense à quelque chose, il disparaît complètement - ce phénomène s'explique par la remise ne avant des protections psychiques - sortent de verrous, de censures qui empêchent le contenu latent d'apparaître clairement car trop dangereux pour le Moi (l'identité) du sujet.
lundi 11 novembre 2013
La part de rêve qui est en nous / 3
La part de rêve implique que nous soyons tous habités par un projet qui excéderait la réalité de notre existence. des raisons peuvent pour cela s'imposer : le fait de devoir accepter des règles et normes sociales qui sont dictées de l'extérieur, de devoir s'insérer dans ce même tissu dans un contexte économique qui fait que chacun doit s'adapter à un marché de l'emploi, le cadre même de la société peut être en cause : nous vivons dans un monde occidental où l'individu est devenu un absolu, nous nous écartons des modèles collectifs pour valoriser une liberté individuelle qui a pour pendant une autonomie qui paradoxalement laisse peu de place au rêve.
Ce dernier trait mérite une explication :
L'exigence de la performance maximale est exigée de l'individu qui doit dans le travail parvenir à intégrer les demandes et faire siens les objectifs de celui-ci. La décision individuelle étant valorisée nous devons alors comprendre que seul l'individu est responsable de l'échec ou de la réussite d'un projet. Cette individualisation prenant comme forme une réduction des médiations qui autrefois opéraient entre les individus dans le cas de conflits - le choc est aujourd'hui absorbé par le travailleur qui ne peut plus totalement compté par une prise en charge de sa souffrance ou défaillance par le collectif. La proportion de la part de rêve peut donc être inversement proportionné à la souffrance qui affecte le monde du travail et la dureté de celle-ci. En ce sens la part d rêve serait l'indicateur inversé d'une forme de malheur - souffrir infiniment dans ce monde en espérant les vapeurs de l'oubli par le rêve. N'était-ce pas déjà ce que faisait les ouvriers qui oubliaient la condition misérable du prolétaire dans cette fabrique de rêve et de misère qu'est le vin ? N'est-ce pas une infinie souffrance qui pousse vers l'abandon que ce soit par l'alcool, la drogue, le rêve ? N'est-ce pas encore une façon d'échapper à la condition réelle que de s'en inventer une autre ailleurs, plus loin, plus tard ? Nous donner des raisons pour ne pas faire, pour ne pas agir, pour ne pas changer les choses et nous mêmes ? Comment penser le rêve comme bienfaiteur si nous savons déjà qu'il révèle une part d'ombres qui ne peut s'échapper que durant les errances de notre conscience ?
jeudi 7 novembre 2013
La part de rêve qui est en nous / 2
Que chacun poursuive un but propre qui échappe aux impératifs de la vie en commun et même aux cadres normaux de la physique et de la raison est une chose possible. Poursuivre une chimère, vouloir décrocher la lune, être astronaute... tant de possibilités que nous cachons au fond de nous, que nous ne révélons pas par peur du ridicule ou esprit de sérieux. Que le rêve soit enfermé ainsi en nous pose le problème de la surface et de la profondeur, du rapport au réel et du sens. Si nous sommes libres nous pouvons vouloir l'impossible, nous sommes activement dans la recherche de cette part de nous qui autrement échappe et fait disparaître en même qu'elle des illusions. Mais qu'est-ce qu'une situation qui a besoin de l'illusion ? Ne faut pas s'affronter aux choses, aux possibles aussi, vouloir quelque chose qui manifeste ma tension vers l'objet et la réussite de mon projet. Le rêve ne doit pas être seulement une part de nous mais doit remplir la totalité de notre être afin d'advenir et avec lui mon identité. Il ne faut pas prendre le rêve comme l'autre de l'existence mais comme son fond, tout projet avant sa réalisation n'est-il pas rêve ? Dormir, mourir, rêver peut-être ! La vie est un songe, un mirage, comment puis-je être assuré même d'exister véritablement ?
Dans le rêve dit Descartes je ressens les choses, je sens cette caresse comme je sens la douleur de ce coup : comment partager entre les sensations diurnes et celles nocturnes ? La solution cartésienne est dans le doute, dans un doute excessif qui portée sur le fondement de l'existence elle-même et qui va rencontrer comme seul sol solide le fait que durant le temps où je doute quelque chose est forcément en train de douter. Ce quelque chose qui doute c'est moi : d'une manière radicale la preuve de l'existence est rationnelle et n'engage pas immédiatement le corps. La substance pensante est antérieure à la substance étendue, elle en est la preuve et la réalisation intellectuelle. La coupure peut bien se produire et grandir : le corps est un support incertain de connaissances dit Descartes qui propulse ainsi la science du côté de la déduction et qui ainsi peut s'écarter de la matière comme source de toute connaissance. Descartes dans le discours de la méthode pose une raison qui prend la figure d'une pensée sans le corps qui l'accompagne, n'est-ce pas là une inversion prodigieuse de la réalité ?
lundi 30 septembre 2013
Thème BTS : La part de rêve qui est en nous.
La part de rêve qui est en nous.
Cette affirmation (il existe une part de rêve en chacun de nous) produit une définition générale : tous les hommes rêvent de quelque chose qui restent enfoui au plus profond d'eux. L'énoncé suppose donc une différence entre dedans et dehors, entre surface et profondeur mais dès lors aussi entre superficiel et important, entre existence et Être. Nous retrouvons là le grand cadre de la pensée idéaliste classique : une pensée des profondeurs qui implique que le réel, la matière, les choses, ce que nous vivons finalement à moins d'épaisseur qu'un rêve, qu'un songe qui prend la forme de mon identité et de ma définition. Ne pas se contenter de l'apparaître mais plonger dans l'Être, dans l'essence, dans la définition, dans cette part de nous qui demeure un rêve car le "quotidien" ou les autres ou ma paresse empêcherait la réalisation de ce désir. Logique de la raison et de la passion, préférer une folie passagère à la construction lente d'une vie, plonger dans ses désirs et vouloir seulement qu'advienne mon plaisir. D'abord entendre que la vie ne peut être satisfaisante puisque le rêve est cette trace d'une autre existence possible, souhaitée et que je ne peux atteindre. L'énoncé suggère que le rêve aurait une valeur supérieure aux déploiements de mon existence.
Que signifie l'énoncé appliqué à notre existence ?
Qu'il y a une incomplétude de notre vie, un manque, que le meilleur de nous serait prisonnier en nous sans pouvoir s'exprimer. La faute en serait aux circonstances, aux contraintes, finalement à la société. Il y a là comme une ode à la liberté qui ne pourrait se trouver qu'en dehors de la vie "ordinaire".
Mais ne peut-on pas affirmer au contraire qu'un rêve n'est pas fait pour se réaliser ? La vie que je mène est la seule que je puisse mener, ce que je peux vivre est entièrement ma vie, sans reste. Vivre est alors pleinement réaliser ce que je suis : le dedans, l'intériorité, l'essence n'est pas un rêve mais un mythe construit de toutes pièces pour affirmer que la vie que nous vivons n'est pas la véritable vie. Pour faire croire que la vie est ailleurs, précisément toujours où elle n'est pas.
Dans le film "Into the wild" le rêve est toujours plus au Nord, en Alaska. Dans les solitudes glacées et le héros quitte ceux qu'ils rencontrent au nom de la réalisation d'un rêve. Ce ciel homme qu'il rencontre et qui est son ami, cette jeune fille qui est l'incarnation de l'amour... tout cela ne peut tenir, la liberté est ailleurs, toujours plus au froid, toujours plus seul. Et il parvient dans cet enfer qu'il rêvait en paradis. Dans un bus abandonné il créé un univers où l'indépendance est reine, où le rythme est celui de la nature. Mais si une seule fois le coeur flanche, si un jour la conscience vient qu'il n'y a de liberté qu'avec les hommes, au dedans d'eux, que l'amour n'est pas celui de la nature mais de nos semblables... alors la nature brise l'homme en quelques instants. Soudain le rêve devient cauchemar, monstre des abysses qu'il n'est plus temps d'apaiser. La mort est au bout ici de ce rêve, et la découverte que le héros fait trop tard c'est que le "rêve" était présent dans les moments de sa vie sans qu'il ne le voit ni ne le ressente tout occupé qu'il était par les méandres de ses profondeurs. Regarder ce qui est à nos pieds, accepter la vie vécue et non pas vivre dans l'illusion d'une autre vie possible.
Cette affirmation (il existe une part de rêve en chacun de nous) produit une définition générale : tous les hommes rêvent de quelque chose qui restent enfoui au plus profond d'eux. L'énoncé suppose donc une différence entre dedans et dehors, entre surface et profondeur mais dès lors aussi entre superficiel et important, entre existence et Être. Nous retrouvons là le grand cadre de la pensée idéaliste classique : une pensée des profondeurs qui implique que le réel, la matière, les choses, ce que nous vivons finalement à moins d'épaisseur qu'un rêve, qu'un songe qui prend la forme de mon identité et de ma définition. Ne pas se contenter de l'apparaître mais plonger dans l'Être, dans l'essence, dans la définition, dans cette part de nous qui demeure un rêve car le "quotidien" ou les autres ou ma paresse empêcherait la réalisation de ce désir. Logique de la raison et de la passion, préférer une folie passagère à la construction lente d'une vie, plonger dans ses désirs et vouloir seulement qu'advienne mon plaisir. D'abord entendre que la vie ne peut être satisfaisante puisque le rêve est cette trace d'une autre existence possible, souhaitée et que je ne peux atteindre. L'énoncé suggère que le rêve aurait une valeur supérieure aux déploiements de mon existence.
Que signifie l'énoncé appliqué à notre existence ?
Qu'il y a une incomplétude de notre vie, un manque, que le meilleur de nous serait prisonnier en nous sans pouvoir s'exprimer. La faute en serait aux circonstances, aux contraintes, finalement à la société. Il y a là comme une ode à la liberté qui ne pourrait se trouver qu'en dehors de la vie "ordinaire".
Mais ne peut-on pas affirmer au contraire qu'un rêve n'est pas fait pour se réaliser ? La vie que je mène est la seule que je puisse mener, ce que je peux vivre est entièrement ma vie, sans reste. Vivre est alors pleinement réaliser ce que je suis : le dedans, l'intériorité, l'essence n'est pas un rêve mais un mythe construit de toutes pièces pour affirmer que la vie que nous vivons n'est pas la véritable vie. Pour faire croire que la vie est ailleurs, précisément toujours où elle n'est pas.
Dans le film "Into the wild" le rêve est toujours plus au Nord, en Alaska. Dans les solitudes glacées et le héros quitte ceux qu'ils rencontrent au nom de la réalisation d'un rêve. Ce ciel homme qu'il rencontre et qui est son ami, cette jeune fille qui est l'incarnation de l'amour... tout cela ne peut tenir, la liberté est ailleurs, toujours plus au froid, toujours plus seul. Et il parvient dans cet enfer qu'il rêvait en paradis. Dans un bus abandonné il créé un univers où l'indépendance est reine, où le rythme est celui de la nature. Mais si une seule fois le coeur flanche, si un jour la conscience vient qu'il n'y a de liberté qu'avec les hommes, au dedans d'eux, que l'amour n'est pas celui de la nature mais de nos semblables... alors la nature brise l'homme en quelques instants. Soudain le rêve devient cauchemar, monstre des abysses qu'il n'est plus temps d'apaiser. La mort est au bout ici de ce rêve, et la découverte que le héros fait trop tard c'est que le "rêve" était présent dans les moments de sa vie sans qu'il ne le voit ni ne le ressente tout occupé qu'il était par les méandres de ses profondeurs. Regarder ce qui est à nos pieds, accepter la vie vécue et non pas vivre dans l'illusion d'une autre vie possible.
mardi 28 mai 2013
Programme 2013-2014
Toujours le thème 1 et ajout du thème 2 : "Cette part de rêve que chacun porte en soi"
Thème n° 1 - Paroles, échanges, conversations, et révolution numérique
Problématique
Les échanges de paroles tissent les liens dont tout individu a besoin pour trouver sa place dans le groupe, la communauté, la société. Comment les nouvelles modalités de ces échanges prolongent-elles ou, au contraire, bouleversent-elles notre façon de penser la construction de soi, les relations humaines, les interactions avec les autres et avec le monde ?
Écrit/oral
Les échanges de paroles font intervenir une langue particulière, écrite ou orale. Les codes langagiers sont à prendre en compte dans leur diversité : codes spécifiques de l'échange épistolaire, codes de la conversation courante, codes des échanges numériques. Ces derniers brouillent les catégories de l'écrit et de l'oral : les échanges numériques, qui semblent instantanés et éphémères, laissent pourtant des traces tant il est encore vrai que « les paroles s'envolent et (que) les écrits restent ». Dans ces conditions, quels codes apprendre, à quelles normes se référer pour communiquer ?
Privé/public
Par ailleurs, la communication est régie a priori par des critères différents selon le caractère privé ou public de l'échange. Cette distinction semble cependant remise en cause par les réseaux sociaux qui rendent la vie privée accessible à des publics apparemment choisis. Construit-on son identité de la même façon dans un espace protégé - celui de la famille ou d'un cercle d'amis proches - et dans un réseau social ouvert ? Peut-il y avoir encore de la spontanéité dans les échanges ?
Professionnel/amateur
Qui détient une parole légitime ? Les frontières se brouillent entre la parole des experts, la parole reconnue, et la parole de tous et de chacun. Les blogs contribuent à forger les opinions. Ne risque-t-on pas de perdre la qualité professionnelle de l'appréciation portée sur une information ?
Lieu de pouvoirs/espace démocratique
Du fait du brouillage des codes, la conversation sur internet nivelle les relations hiérarchiques en rendant tout un chacun apparemment accessible. Chacun peut entrer dans une discussion, connaître la pensée de l'autre ou progresser dans la sienne grâce aux interactions entre plusieurs interlocuteurs. Les nouveaux moyens de communication permettent aussi de se constituer en lobbys pour influencer une décision, contourner les médias officiels, pour faire entendre une autre voix, résister à des pouvoirs autoritaires. Mais ces mêmes moyens peuvent être le lieu où se renforce l'expression d'un groupe de pression, qui diffuse des affirmations sans citer ses sources, fausse les informations, avec une efficacité redoutable. Les nouveaux moyens de communication aident-ils à mieux exercer la citoyenneté ?
Proximité/distance
Les lieux de communication traditionnels (la salle de banquet, le café, les salons, etc.) influent sur l'échange. La relation entre interlocuteurs est réinterrogée par les nouvelles technologies. En présence ou à distance (par la lettre, le téléphone, le courriel, les messageries et le contact vidéo), qu'est-ce qui se joue dans ces formes de dialogue ? Quels changements, quels gains, apportent les relations virtuelles par rapport aux relations directes en face à face ?
Continuité/discontinuité
La facilité des échanges, qui reposent sur des moyens techniques en permanence disponibles, permet une relation ininterrompue. Or se donner le temps de la réflexion, prendre de la distance avant de poursuivre et de revenir à une situation et, dans cette interruption, avoir mûri, progressé, organisé sa pensée, permet de mieux fonder son jugement. Cette manière de former ses idées a-t-elle encore un sens à l'heure des échanges spontanés, permanents, continus ? Le temps de la réflexion est-il le garant indispensable de la qualité de l'échange ?
Indications bibliographiques
Ces indications ne constituent en aucun cas un programme de lectures. Elles constituent des pistes et des suggestions pour permettre à chaque enseignant de s'orienter dans la réflexion sur le thème et d'élaborer son projet pédagogique.
Littérature
I. Asimov, Face aux feux du soleil, 1957
D. Daeninckx, Camarades de classe, 2008
Ph. Delerm, Quelque chose en lui de Bartleby, 2009
W. Gibson, Neuromancien, 1985
J. Franzen, Freedom, 2011
G. Feydeau, La Puce à l'oreille, 1907
E. Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950
La Bruyère, Les Caractères, « De la société et de la conversation », 1688
D. Glattauer, Quand souffle le vent du nord, 2011
S. Larsson, Millenium, 2005-2007
Molière, Les Précieuses ridicules, 1659 ; Le Misanthrope, 1665 ; Les Femmes savantes, 1672
M. Proust, Du côté de chez Swann, « Un amour de Swann », 1913
Y. Réza, Conversations après un enterrement, édition 2004 ; Le Dieu du carnage, 2008, repris au cinéma par Roman Polanski (Carnage, 2011)
N. Sarraute, Les Fruits d'or, 1963 ; Pour un oui ou pour un non, 1982
W. Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien, 1600
Essais
Books, dossier « Cinq cent millions d'amis », octobre 2010
La Conversation, collection Mutations, Autrement, 1999
Internet et les réseaux sociaux, La Documentation française, 2011
« Nos vies numériques », Sciences humaines n° 229, août-septembre 2011
D. Cardon, La Démocratie internet : promesses et limites, Le Seuil, 2010
A. Casilli, Les Liaisons numériques : Vers une nouvelle sociabilité ? 2010
Y. Citton, L'Avenir des humanités, Économie de la connaissance ou cultures de l'interprétation ? 2010
M. Doueihi, La Grande Conversion numérique, 2008
P. Flichy, Le Sacre de l'amateur : sociologie des passions ordinaires à l'ère du numérique, 2010
M. Fumaroli, Trois institutions littéraires, 1994 ; Quand l'Europe parlait français, 2001
E. Godo, Une histoire de la conversation, 2003
E. Lazega, Réseaux sociaux et structures relationnelles, Que sais-je ? 2007
P. Mercklé, Sociologie des réseaux sociaux, 2004, 3ème édition, 2011
Films, séries télévisées
Mary and Max, Adam Elliot, 2009
Vous avez un message, Nora Ephron, 1998
The social network, David Fincher, 2010
L'Esquive, Abdellatif Kechiche, 2004
Ridicule, Patrice Leconte, 1996
Carnage, Roman Polanski, 2011 (repris de la pièce de Yasmina Réza, Le Dieu du carnage)
Le scaphandre et le papillon, Julian Schnabel, 2007
Denise au téléphone, Hal Salwen, 1995
Catfish, Henry Joost, Ariel Schulman, 2010
Contagion, Steven Soderbergh, 2011
Bref (Canal +)
Les Deschiens (« Le Bavard »)
Friends
Sites internet
Blogs des quotidiens de la presse écrite
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SOCIO_001_0025 : « Exposition de soi et reconnaissance de singularités subjectives sur les sites de réseaux sociaux » (Fabien Granjon, Julie Denouël)
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=SOC&ID_NUMPUBLIE=SOC_079&ID_ARTICLE=SOC_079_0075&FRM=N&REDIR=1 : « Smart mobs, Les communautés intelligentes mobiles ; comment reconnaître le futur quand il vous tombe dessus ? » (Howard Rheingold)
prospective-numerique.gouv.fr/place.publique
http://eduscol.education.fr/pid25134/seminaire-metamorphoses-livre-lecture.html : « La rémanence du livre dans les nouveaux dispositifs de communication » (Valérie Jeanne-Perrier) ; « Un nouvel imaginaire de lecture à travers ses représentations visuelles » (Julia Bonaccorsi)
Mots clés
Correspondance, billet, lettre, carte postale, télégramme, message, texto, SMS, internet, réseaux sociaux, blog, twitter, facebook, skype
Conversation, dialogue, échange, communication, fonction phatique, fonction expressive, fonction impressive
Manuel de conversation, code, civilité, politesse, transgression, abréviation, phonétique, smiley, orthographe, norme
Parler, discuter, argumenter, affirmer, écouter, réfléchir, réagir, contredire, admettre, nuancer
Se dévoiler, se confier, s'épancher, être sincère, mentir, s'exposer, se vanter, page personnelle, profil, narcissisme, altérité, identité
Colporter, diffuser, divulguer, propager, créer le buzz, rumeur, information, qu'en-dira-t-on, réputation, cancans, ragots, marketing viral
Intimité, anonymat, silence, protection de la vie privée, confidentialité, discrétion, secret, meuble secrétaire, pudeur
Vitesse, immédiateté, temps réel, spontanéité, retenue, réserve, atermoiement, procrastination
Ami, association, coterie, cercle, club, communauté, forum de discussion, réseaux sociaux
Élégance, préciosité, affectation, naturel, franchise, ostentation
Expressions : tourner sa langue sept fois dans sa bouche, avoir l'esprit d'escalier, saisir la balle au bond, parler pour ne rien dire, répondre du tac au tac, tourner autour du pot, mdr, lol.
Thème n° 2 - Cette part de rêve que chacun porte en soi
Problématique
Le rêve se définit spontanément par opposition à la réalité. Il est généralement tenu pour une parenthèse de la conscience, une phase particulière du sommeil. Mais il renvoie aussi à la représentation idéale de ce que chacun désire et voudrait peut-être réaliser. La part de rêve que chacun porte en soi semble pouvoir libérer de réalités douloureuses, monotones ou ennuyeuses et aider ainsi à orienter autrement sa vie, à la redessiner dans un ailleurs et un futur plus ou moins proches. Le rêve stimule l'individu qui ne se satisfait pas de ce qu'il est et de ce qu'il a. Il élargit les possibles.
Multiples sont les éveilleurs de rêves (lieux, objets, personnes, sensations, etc.). Les œuvres d'imagination sont aussi propices à la rêverie, elles permettent de se transporter dans d'autres espaces, d'autres époques, d'autres personnages. Cependant, le rêve risque de couper du réel et d'amener à ne vivre que de chimères ou de fantasmes qui empêchent d'agir dans le monde et de mener sa vie. En ce sens, il est parfois dénigré comme perte de temps, fuite des responsabilités. Quelle part de rêve préserver dans un monde soumis à l'efficacité et à la rentabilité immédiates ?
C'est tout autant l'être que l'avoir qui sont concernés par le rêve : rêves d'objets de consommation, rêves de luxe, rêves de ce que les nouvelles technologies autorisent, rêves d'une identité autre, plus belle, plus forte, plus grande. Ces aspirations induisent un idéal porté par le rêve, facteur d'élévation et de sublimation de chacun, force de création et d'innovation. Cet idéal n'est cependant pas le même pour tous. Tel individu ne pourra-t-il pas trouver médiocre ce que tel autre pense être à sa mesure ?
Quelle est la part intime et vraiment personnelle de ce rêve qui nous porte ? Partagé par un groupe ou par l'ensemble d'une société, le rêve peut devenir utopie et donner à chacun comme à tous des raisons de vivre et d'espérer. Mais l'optimisme utopique ne risque-t-il pas de porter atteinte à la part de rêve et de liberté que chacun porte au plus profond de soi ?
Indications bibliographiques
Ces indications ne constituent en aucun cas un programme de lectures. Elles constituent des pistes et des suggestions pour permettre à chaque enseignant de s'orienter dans la réflexion sur le thème et d'élaborer son projet pédagogique.
Littérature
André Breton, Nadja
Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles
Erri de Luca, Montededio
Grégoire Delacourt, La Liste de mes envies
Robert Desnos, « J'ai tant rêvé de toi », Corps et biens
Fatou Diome, Le Ventre de l'Atlantique
Victor Hugo, Booz endormi, La Pente de la rêverie
Martin Luther King, I have a dream
La Fontaine, « La laitière et le pot au lait » ; « Les Souhaits »
Haruki Murakami, 1Q84 et Kafka sur le rivage
Nerval, Aurélia
Georges Perec, Les Choses
Arthur Rimbaud, « Rêvé pour l'hiver » et « Aube »
J. K. Rowling, Harry Potter (le miroir, le patronus)
Jean-Paul Sartre, Les Mots (rêveries enfantines)
Jules Vallès, L'Enfant (rêveries autour de Robinson Crusoe)
Paul Verlaine, « Mon rêve familier »
Virgile, Enéide (rêves de Didon et d'Enée, chant IV)
Essais
Gaston Bachelard, L'Air et les songes ; La Poétique de la rêverie
Charles Baudelaire, « La reine des facultés » in Salon de 1859
Sigmund Freud, L'Interprétation du rêve
Neal Gabler, Le Royaume de leurs rêves
Nancy Huston, L'Espèce fabulatrice
Albert Jacquard, Mon utopie
Edgar Morin, Le Cinéma ou l'homme imaginaire
Jean-Bertrand Pontalis, Le Dormeur éveillé
Films, documents iconographiques
La Rose pourpre du Caire, Woody Allen
Big fish, Tim Burton
La vie est belle, Frank Capra
Reality, Matteo Garrone
Eternal Sunshine of the Spotless mind, Michel Gondry
Rêves, Aki Kurosawa
Mulholland drive, David Lynch
Inception, Christopher Nolan
Mary Poppins, Robert Stevenson
Stalker, Andreï Tarkovski
Les Daguerréotypes (scène finale des rêves), Agnès Varda
Total recall, Paul Verhoeren (roman de Philip K. Dick, Souvenirs à vendre)
Marc Chagall
Salvador Dali
Giorgio de Chirico
Paul Delvaux
Douanier Rousseau
Caspar David Friedrich
Paul Gauguin
René Magritte
Dreamlands - Des parcs d'attraction aux cités du futur (catalogue de l'exposition du Centre Pompidou, 2010)
Musique, chansons
Robert Schumann, Rêverie
Franz Listz, Liebestraüme
Claude Debussy, Prélude à l'après-midi d'un faune
Dominique A, La relève
Charles Aznavour, Je m'voyais déjà
Jacques Brel, La quête
Claude Dubois, J'aurais voulu être un artiste (le blues du businessman)
John Lennon, Imagine
Claude Nougaro, Le cinéma
Téléphone, Un autre monde
Boris Vian, La complainte du progrès
Laurent Voulzy, Le rêve du pêcheur
Sites internet
Base de textes pour l'étude des rêves dans les textes littéraires :
Exposition BNF - Utopie : La quête de la société idéale en Occident :
Mots clés
Rêve, rêverie, songe, méditation, fantasme, chimère, illusion, mirage, fantasmagorie
Imaginaire, irréel, merveilleux, paradisiaque, fabuleux
Bovarysme, symbolisme, surréalisme, onirisme
Imaginer, rêvasser, divaguer, délirer, déraisonner
Enchantement, idéal, utopie
Jardin secret, for intérieur
Doux rêveur, songe-creux, faire de beaux rêves, être dans les nuages, être dans la lune, réaliser un vieux rêve, rêver tout éveillé
Pays du rêve, rêve américain, pays de Cocagne, le rêve de l'Orient, Eldorado
L'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté, faire des châteaux en Espagne, c'est le rêve !
dimanche 3 février 2013
Note de Synthèse – l’image – correction
Note de Synthèse –
l’image – correction
Introduction :
Dans nos sociétés de l’audiovisuel et de l’information la
frontière entre le réel et la fiction est mince, peut-on affirmer qu’existe une
modification de la perception du réel à cause des médias ? Le premier
document, de Cyril Neyrat est une critique du film Zodiac, le second, de
Deleuze, traire du courant réaliste américain au cinéma. Un texte de Bourdieu
vient critiquer violement la télévision puis une photographie s’intitulant
« l’homme-caméra » montre que la caméra remplace désormais notre
visage.
Nous verrons dans un premier moment que l’image et la vie forme un tout
inséparable, puis que ce tout est un monde diminué, notre rapport au réel étant
altéré par l’image. Enfin nous poserons que c’est peut-être notre rapport au réel qui
vient façonner l’image et non l’inverse.
Dans la photographie du document 5 on constate que la caméra a
pris la place de notre visage, notre œil
est celui de la caméra. C’est cette même
vision que vient louer Neyrat lorsqu’il pose qu’existe une indistinction entre
le cinéma et la vie. Le document 3 complétant cela en inscrivant que la
perception d’un film dépend en large part de notre groupe culturel
d’appartenance. Posant ainsi qu’il n’existerait pas une seule réalité mais
plusieurs. Il y aurait alors une forme d’actualisation du film dans un espace
temps particulier, Deleuze vient définir le réalisme comme ce qui vient joindre
milieux et comportements. Nous pourrions
presque parler avec Neyrat d’hyperréalité : l’image vient transformer nos
existences ordinaires en images
extraordinaires. Mais déjà ici se donne
un dérèglement : le dépassement du réel suppose une distinction. La caméra
fait plus qu’être notre visage elle le dévore pour prendre sa place.
Car la télévision nous
empêche de réfléchir, elle est idéologiquement pensée pour anéantir notre
capacité critique – Bourdieu vient ainsi accuser la télévision de diminuer
notre réel, de la déposséder de ce qui fait notre définition : la pensée.
Le vocabulaire de Neyrat, même s’il l’utilise à d’autres fins renforce l’idée
d’une « maladie » introduite par l’image, prolifération,
incrustation, dissémination, invention d’une matière, saturation. Ce réel que fabrique le cinéma est celui des
producteurs, des scénaristes…bref un monde fictionnel, le document 3 renforce
une vision d’un cinéma qui produit une
nouvelle réalité. Neyrat parle de
« terreur », signifiant ainsi la force dévastatrice de l’image.
L’homme caméra nous montre une image mutilée de l’homme. Celui d’un être qui
remplace l’indispensable par le futile dit Bourdieu. La naissance de
l’image-action vient détruire l’ancien cinéma au profit de l’industrie Américaine
du film, Deleuze explique l’essor du cinéma et sa force par sa capacité à
confisquer le réel.
Mais il faut comprendre aussi que notre homme-caméra,
lourdement chargé, est déjà un homme-passé, la révolution numérique permettant
de gagner à la fois en définition et donc en qualité tout en conservant sa
froideur et sa netteté (Ceyrat). L’omniprésence de la télévision que déplore
Bourdieu est aussi le signe de la présence de cette machine en presque tous les
foyers. Il y a, affirme le document 3,
une adaptation du cinéma au monde, de l’image, nait une constante évolution.
N’est-ce pas alors un procès technique qu’il faut intenter ? La proposition
de Ceyrat de corriger le réel avec le numérique indique ainsi que le cinéma ne
fait que s’adapter à des outils techniques complexes qui viennent alors, en
retour, informer le réel. La familiarité
que nous entretenons avec le cinéma n’étant plus alors que le résultat d’une
coïncidence technique. Il y a une actualité cinématographique qui fait passer
du clair obscur expressionniste au
réalisme suédois pour atteindre l’image-action américaine (Deleuze), l’histoire
du cinéma ne fait donc que suivre l’histoire tout court.
Conclusion
L’image à le pouvoir de nous transporter par sa puissance du
côté du merveilleux, du spectaculaire, de l’ordinaire ou du quotidien. Certains
vantent cette puissance d’autres la conteste. En tout état de cause, cinéma et
télévision font le monde en même temps qu’ils le racontent. Aussi devons nous garder une distance
critique face à ce qui se présente comme le réel tout en étant à distance de
moi.
Conclusion perso :
La télévision et le cinéma ont transformés profondément notre
vie, ouvrant des horizons à partir du petit ou du grand écran. Permettant le
déplacement par l’image et le sentiment de la proximité, par l’activation de la
vue qui est, dans nos sociétés, le sens le plus valorisé et important. Cinéma et télévision font partie intégrante
de nos sociétés, la déploration n’est pas dans ce fait mais plutôt dans
l’absence de jugement et de sens critique des usagers. C’est le rapport à
l’image qu’il faut éduquer, autrement dit le spectateur.
Question
personnelle :
A la question « pensez-vous que l’image au cinéma ou à la
télévision altère notre rapport au réel ? », nous poserons que
l’image crée par les médias vient profondément imprimer dans nos existences sa
marque et donc modifier notre perception du réel. Pourtant, et au-delà de ce
constat, nous poserons que le réel est toujours ce qu’il doit être, cette image
qui serait productrice d’une nouvelle réalité n’est en fait que la marque de
notre présent technologique : il ne faut plus alors parler d’altération
mais d’enrichissement.
L’image télévisuelle à pour particularité d’être liée à un
support spécifique : la télévision. Elle émet une image qui nous rend
captif de l’écran. Il ne s’agit pas encore du procès de ce qui est diffusé mais
en aval de la source même de cette émission. Notons que ce phénomène n’existe
pas au cinéma car le film est projeté sur un écran. Ainsi l’amalgame produit
entre télévision et cinéma engage déjà une réserve. Alors que le cinéma suppose
un choix, un déplacement et une sortie d’argent, la télévision est un objet
technique présent dans presque tous les foyers et qui engage à ce titre une
facilité d’usage et une passivité bien plus grande. Une enquête américaine
révèle ainsi que la violence des jeunes peut se trouver corrélée au temps passé
devant le petit écran. On apprend par ailleurs qu’un jeune américain de 14 ans
a assisté à 13000 crimes devant son récepteur télé. Parler d’une « exposition »
télévisuelle souligne le risque : passons alors au contenu – la plupart
des films ou dessins animés sont violents, on considère de la même façon qu’un
jeune de moins de 14 ans à été exposé plusieurs fois à la vision de scènes de
tortures et de sexualité. N’est-ce pas déjà le motif d’une condamnation de
l’impact des médias sur la construction de la personnalité ?
Mais la question de la source revient encore, la vie moderne
et l’affirmation de l’enfant roi dans nos sociétés riches conduisent des parents
dépassés à ne pas réguler l’usage des médias, de même le contrôle parental ne
devrait pas se résoudre à une simple estampille au bas des films mais à une
invitation, pour les parents, à visionner u n film avant de le montrer aux
enfants. De même l’adulte doit faire usage de son entendement et choisir son
programme ou son film. Il faut donc réintroduire la notion de liberté et de
citoyenneté au cœur du débat sur les médias. Parce que ces médias sont
désormais partie prenante de nos existences, ils façonnent autrement notre
rapport au réel en supprimant les distances, les informations sont planétaires,
les reportages montrent des contrées que peut-être nous ne verrions jamais
autrement. C’est donc un élargissement du réel que propose télévision et cinéma
mais attention à une dépendance qui tiendrait à la fois à l’objet technique et
aux conditions de constitution de l’information. Il faut nous réapproprier le réel
c’est-à-dire devenir « comme maître et possesseur » de l’image qui
s’offre sur les écrans, engager un exercice critique de notre entendement.
L’altération par l’écran du réel suppose que le réel existe en
dehors des supports techniques qui façonnent pourtant nos vies et notre
intimité, il nous faut penser autrement le rapport à la réalité en y incluant
les outils de notre temps et de notre monde. Dans la mémoire des hommes il y a
une trace technique qui fait que nous parlons de « l’âge de pierre »
pour signifier la préhistoire, de même nous sommes dans l’ère de l’image et
certainement – loin de la déploration – il nous faut faire avec et construire
l’avenir à partir de cette donnée de notre propre humanité.
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